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Importance de l'étanchéité à l'air dans les bâtiments (CSTC)
L'étanchéité à l'air dans les bâtiments
La consommation énergétique dans la construction fait depuis quelques temps l’objet de toutes les attentions : renforcement de l’isolation, placement de vitrage super isolant, ventilation mécanique avec récupération de chaleur… Les exigences réglementaires viennent d’ailleurs d’être revues à la hausse par la mise en place progressive de la législation PEB (Performances énergétiques des Bâtiments).
Si la qualité de l’isolation est primordiale dans un bâtiment, il en va tout autant de l’étanchéité à l’air ! Quel est l’intérêt d’empiler les couches d’isolant si l’enveloppe laisse s’échapper la chaleur ? Certains en ont fait le triste constat en investissant dans une isolation performante et coûteuse pour arriver au final, à des consommations équivalentes à celles des maisons mal isolées.
Mais où en est-on en Belgique ? Le CSTC (Centre Scientifique et Technique de la Construction), organisme de référence, estime que le taux de renouvellement d’air moyen (n50) des logements construits ces dernières années se situe aux environs de 9,5 par heure. Cela signifie que l’air intérieur de ces bâtiments se renouvelle 9,5 fois toutes les heures et occasionne une surconsommation de l’ordre de 45 %.
On peut calculer que pour un taux de renouvellement d’air de 5 par heure, la surconsommation est de 25 % pour une maison traditionnelle, de 75% pour une maison basse énergie et de plus de 110% pour une maison passive. Les chiffres parlent d’eux mêmes.
Et pas seulement l’énergie…
Outre l’aspect énergétique, les infiltrations d’air non contrôlées sont à l’origine de problèmes divers :
- Inconfort lié aux courants d’air
- Risque de sous-dimensionnement des installations de chauffage ou de climatisation :
impossibilité d’atteindre un bon confort thermique dans certaines conditions
- Diminution de l’efficacité des systèmes de ventilation
- Risque de détérioration des isolants et des structures : une infiltration d’air chaud humide dans
un isolant de toiture (pare-vapeur non-étanche à l’air) peut engendrer de la condensation et le
développement de moisissures.
- Climat intérieur trop sec en hiver : l’air froid qui pénètre par les infiltrations est plus sec que
l’air intérieur et assèche l’ambiance
- Réchauffement rapide en été : l’air chaud pénètre plus facilement dans le bâtiment
- Développement de moisissures aux endroits d’infiltrations : l’endroit est refroidi en hiver par
l’infiltration d’air froid. La vapeur d’eau de l’air intérieur condense sur ce point froid
(point de rosée) et crée des conditions optimales pour le développement de champignons.
- Mauvaise acoustique de l’habitation : si l’enveloppe laisse pénétrer l’air, les bruits en
profitent également. Ce point est important dans les environnements bruyants (cas des
habitations situées en ville).
Les solutions
La liste des effets négatifs est longue mais des solutions existent. Il s’agit de respecter certaines bonnes pratiques et de soigner particulièrement certains points :
- Réaliser de façon étanche les raccords entre parois et châssis (portes et fenêtres).
- Apporter un soin tout particulier au placement de l’écran de sous-toiture et des pares vapeur.
Ces éléments doivent être placés en continu et le raccord avec les parois réalisé de manière
hermétique.
- Régler correctement les châssis des portes et fenêtres (20% des fuites d’air)
- Colmater les passages de gaines et tuyaux.
Des produits dédiés à ce genre d’applications sont disponibles sur le marché et permettent de réaliser les raccords de manière optimale. Le travail peut être effectué sans trop de difficultés et de manière efficace à condition d’être bien informé des modalités d’utilisation.
Le contrôle de l’étanchéité
On peut très facilement contrôler l’étanchéité à l’air d’un bâtiment par un test d’infiltrométrie. La technique consiste à créer une dépression de 50 Pa (équivalent d’un vent extérieur de 32 km/h) à l’aide d’un ventilateur placé sur une porte extérieure (Blowerdoor). On provoque de cette manière des infiltrations d’air par les défauts de l’enveloppe du bâtiment. Ces défauts peuvent être localisés par différentes méthodes : caméra thermique (thermographie infrarouge), anémomètre ou fumigènes. La mesure du débit d’air passant au travers du ventilateur permet de calculer le taux de renouvellement d’air par heure (n50).
Le test Blowerdoor doit idéalement être réalisé avant les finitions de manière à pouvoir corriger d’éventuels défauts.
Objectif à atteindre
La valeur cible du n50 dépend du type d’habitation. Aucune norme n’existe actuellement en Région wallonne mais on conseille généralement les valeurs suivantes : 3/h pour les bâtiments sans système de ventilation, 1,5/h pour les bâtiments équipés d’une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) et 1/h pour les constructions équipées d’une VMC double flux. Dans le cas particuliers des maisons passives, le n50 doit être inférieure à 0,6/h.
En conclusion
La maîtrise des échanges d’air entre l’extérieur et l’intérieur des bâtiments est primordiale pour une maison saine et efficace au point de vue énergétique. Prévoyez dés le début d’un projet de construction ou de rénovation, la réalisation d’une étanchéité à l’air poussée. Indiquez dans le cahier des charges la réalisation d’un contrôle par infiltrométrie avant réception du chantier. Le travail n’en sera que plus soigné.